SAINT LOUP GÉANGES

Site officiel de la Commune de SAINT LOUP GÉANGES (Saône et Loire - France)


Patrimoine, culture

 

UN PEU D'HISTOIRE...


Des origines à la fin du Moyen Age

La première mention écrite de Géanges sous la forme Jadangos remonte à 787. Mais l'occupation du site par les hommes est sans doute bien antérieure. Géanges serait en effet un toponyme d'origine francique qui viendrait du nom d'homme Gaido associé au suffixe -anges et qui signifierait « chez Gaido », « le domaine de Gaido ». Il est donc probable que le lieu fût déjà occupé aux VIe ou VIIe siècles. Certaines trouvailles archéologiques des époques gauloise et surtout gallo-romaine militent même en faveur d'un habitat plus ancien qui aurait bénéficié de la situation de Géanges au carrefour de plusieurs voies antiques. La première apparition de Saint Loup dans les archives est plus tardive. Un acte de 954 donné par le roi Lothaire atteste, pour la première fois, l'existence de ce village qui disposait déjà d'une église placée sous le vocable de Saint Loup de Troyes. Le Moyen Age central se caractérisa par une forte activité religieuse. Vers 1130, une donation de Foulques de Rion permit la fondation d'une abbaye cistercienne qui s'établit rapidement sur le site de Maizières, à l'ouest de Saint Loup. La construction de l'église paroissiale actuelle débuta vraisemblablement à la fin du XIIe siècle et se poursuivit au siècle suivant. Les voûtes d'arêtes de la nef provoquèrent toutefois un affaissement des bas-côtés : elles furent donc remplacées entre la fin du XIIIe siècle et le premier tiers du XIVe siècle par des voûtes d'ogives qui introduisent une forte influence gothique dans un édifice d'inspiration romane. Réunis au sein d'une même paroisse, Géangeois et Sanlupéens partageaient ce lieu de culte où ils recevaient les sacrements qui rythmaient leur vie de chrétiens. A la fin de l'époque médiévale, les deux villages constituaient des seigneuries ecclésiastiques. Les habitants de Saint Loup relevaient de la baronnie de la Salle dont les évêques de Chalon étaient propriétaires depuis le milieu du XIIIe siècle. Les Géangeois, quant à eux, dépendaient de l'abbaye Saint Jean le Grand d'Autun.


L'Ancien Régime : une paroisse, deux communautés villageoises

En 1666, Saint Loup et Géanges comptaient respectivement 110 et 55 feux (environ 500 et 250 habitants). Etablis sur des terroirs fertiles, les habitants vivaient essentiellement de la culture des terres et des vignes. Saint Loup qui constituait un centre plus important accueillait également un assez grand nombre d'artisans et disposait notamment d'un notaire royal. La seconde moitié du XVIe siècle et le XVIIe siècle furent ponctués de crises violentes : guerres de religion, troubles de la Fronde durant lesquels Géanges fut pillé à plusieurs reprises, famine et épidémie de 1693-1694 (153 décès en 2 ans au sein de la paroisse), hiver 1709… Le XVIIIe siècle s'avéra plus prospère comme en témoigne la croissance de la population ; la construction de l'actuelle route départementale 970 entreprise en 1751 facilita pour sa part les relations avec Beaune et Verdun sur le Doubs. Si Géangeois et Sanlupéens géraient ensemble les affaires paroissiales, ils formaient cependant deux communautés rurales distinctes qui étaient imposées séparément et qui ressortissaient de seigneuries et bailliages différents. Saint Loup faisait partie du bailliage de Chalon et resta une possession des évêques de cette ville jusqu'à la Révolution française. Située sur la rive gauche de la Dheune, la communauté de Géanges était en revanche rattachée au bailliage de Beaune. En 1616, ses habitants relevaient déjà de la « totalle justice de la baronnye de la Borde » qui ne tarda pas à devenir un marquisat. Celui-ci appartint pendant près de deux siècles aux Brulart et à leurs descendants avant d'être cédé en 1785 à un ancien banquier de la cour, Jean-Joseph de Laborde, qui fut le dernier seigneur du lieu.


L'époque contemporaine : de la Révolution à la fusion

La Révolution française érigea les deux villages en communes. Après avoir fait l'objet d'un litige entre Côte d'Or et Saône et Loire, Géanges fut finalement rattaché à ce dernier département et à l'éphémère canton de Saint-Loup qui se fondit dans celui de Verdun sur le Doubs dès 1801. A l'instar des autres établissements ecclésiastiques français, l'abbaye de Maizières fut vendue comme bien national. Par ailleurs, le nom d'Arbre Vert sur Dheune remplaça quelque temps celui de Saint Loup de la Salle, qui renvoyait à la fois au christianisme et à la féodalité. Les trois premiers quarts du XIXe siècle correspondirent à une phase d'expansion pour les campagnes françaises qui connurent leur apogée durant le Second-Empire et le début de la IIIe République (1852-1880). Nos deux villages enregistrèrent alors leur niveau de population le plus élevé (Saint Loup compta plus de 1000 habitants entre 1846 et 1876 ; Géanges atteignit son maximum en 1876 avec 390 habitants). Chacune des deux communes se dota d'une mairie et d'une école publique. L'arrivée du chemin de fer à la fin des années 1880 favorisa de son côté les échanges avec les villes et bourgs voisins. Toutefois, en cette fin du XIXe siècle, le déclin était déjà amorcé. L'exode rural provoqua une chute importante de la population qu'accentua la saignée de la Première Guerre mondiale. Ainsi entre 1876 et 1936, le nombre d'habitants passa de 1013 à 663 pour Saint-Loup et de 390 à 211 pour Géanges. L'Entre-deux-guerres apporta de nouveaux équipements (électricité, téléphone). Cette période fut également marquée par de vives tensions entre la municipalité de Saint-Loup, qui souhaitait loger un médecin dans une partie du presbytère, et l'évêché d'Autun qui refusa catégoriquement. Ce conflit provoqua une interruption du culte entre 1923 et 1933. En juin 1940, les deux communes, qui se situaient au nord de la Saône, furent comprises dans la zone occupée par les Allemands. Au terme de quatre années difficiles, Saint Loup et Géanges furent libérés le 6 septembre 1944 par des troupes françaises appartenant à la 1ère division blindée de la Première Armée. Si le déclin des deux villages se poursuivit dans les années 1950 et 1960, les années 1970 virent la tendance s'inverser. Sous l'effet de la rurbanisation (installation des citadins dans les campagnes), la population augmenta de nouveau rapidement. En parallèle, les deux communes se rapprochèrent progressivement. Ainsi, en 1980, elles s'associèrent au sein d'un SIVOM (syndicat intercommunal à vocation multiple). Enfin, après un référendum local dont le « oui » sortit majoritaire, les anciennes communes de Saint Loup de la Salle et de Géanges fusionnèrent le 1er janvier 2003 pour donner naissance à la nouvelle commune de Saint Loup Géanges qui regroupe à ce jour 1.600 habitants. Depuis le 1er janvier 2017, Saint Loup Géanges fait partie du Grand Chalon, un territoire intercommunal regroupant 51 communes et plus de 117.000 habitants.